La clef des champs de coton

05 janvier 2014

Mon esprit est troublé, et j’ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas ! [...] mon cher ami ! On m’a privé de toi

 

La cassette suivra votre même chemin
Toujours sous la Terre cachée ;
Et lorsque vous voudrez l'ouvrir,
À peine mon bâton la Terre aura touchée
Qu'aussitôt à vos yeux elle viendra s'offrir.

Extrait des Contes de Perrault 

Précision complètement politiquement incorrecte dans ce millénaire si lisse en surface. Malgré mon goût pour la musique, la sculpture ou l'architecture. Malgré ma fréquentation constante des musées, ces lieux qui sont autant d'églises à mes yeux. Malgré ce plaisir à rester devant une peinture, un Cézanne, un Caravage, qu'importe... je sais. Je sais que je deviens partisane, subjective, limite mauvaise foi quand je finis une lecture qui m'a bouleversée et je proclamerai facilement que rien ne vaut un livre excellent, rien. Que les livres me semblent magiques, que je comprends qu'on ait pu les envoyer sur les bûchers, ne nous ensorcèlent-ils pas ? Qu'il y a la littérature et après... le reste. Toutefois je ne le dis pas ou si peu. Je me raisonne, une affaire de goût, de sensibilité sans doute, peut-être.

Mais il suffit de me souvenir d'une phrase et...

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16 décembre 2010

Texte retrouvé par hasard...

Il

 

 

s’est arrêté au milieu du large quai bétonné. À quelques mètres de là, il entrevoit une ombre glissante, son ombre, familière. Il hésite à s’asseoir sur le bois humide d’une dernière pluie. Il attendra, fixant les allées et venues d’une mer indécise. Une inconnue liquide dont le grain lui rappelle un reflet perdu, un regard, identique au sien. Des souvenirs d’après-midi cuisants envahissent la station balnéaire. Les étés où, face à face, vouloir à toutes forces s’emparer de l’univers de l’autre, sous la frange de cils noirs. Une lutte fratricide où s’affrontent deux horizons bleus de cendre qui virent au gris, les soirs de fatigue ou de colère. Elle et lui, du haut de leurs neuf et sept ans, se tiennent immobiles, fiers, tendus jusqu’à céder ensemble pour rejoindre le ruisseau voisin et plonger brusquement dans l’eau chantante.

 

C’est en fouillant son bureau qu’il a découvert une carte postale avec, au dos, quelques phrases au crayon gris et trois billets de seconde classe. Même destination, trois automnes, trois années. Il a alors pris le premier train. Un voyageur assis à l’autre bout du compartiment, l’arrivée dans une gare où l’unique guichet est fermé. Il s’est enfoncé sans se retourner dans les rues silencieuses. Les boutiques sont closes. Il est presque midi, la saison passée. Debout, tremblant, il a respiré dans un square la fin d’un automne qui s’accroche aux branches nues, des jours que le vent du Nord balaiera. Pour replonger, atteindre une ruelle, espérer un signe.

 

Il s’est soudain immobilisé devant un bed and breakfast aux volets d’un bleu passé. Il  pousse la porte, le son aigrelet d’une sonnette l’accueille. Une vieille dame apparait. Il n’a pas à extraire de sa poche le portrait d’Anne. À la brusque hésitation qui a secoué les frêles épaules quand il s’est penché pour signer le registre, il a su. C’est ici qu’elle s’était réfugiée, taisant sa retraite aux parents, aux proches. À lui, son frère.

 

La mer grignote lentement la plage. Une mouette boitille vers lui. Proches… L’enfance enfouie sous les demi-voltes de la jeunesse... Un jour, Anne est devenue Mme Rowlands. Lui a bivouaqué à droite, à gauche, au milieu d’insondables canopées, au fond de vallées désolées. Ils ne se voyaient plus qu’au repas de famille annuel, notant instinctivement les changements de l’autre: la peau tannée, la main baguée posée sur un poignet d’homme, les expressions que l’on ne reconnaît pas, les absences… Puis, au hasard d’une grève des contrôleurs du ciel, un café impromptu. A Orly. Il lui avoua s’être fiancé avec la solitude. Elle fit mine de le croire... lui qui n’aimait rien tant que la vie en groupe. Il esquiva l’éclat de souffrance dans ses yeux délavés. Elle divorça deux ans plus tard aussi discrètement qu’elle s’était mariée, quitta un travail puis un autre. Disparut pendant de longues semaines.

 

La mouette s’est envolée. Il devine l’écho de ses présences. La première année, lorsqu’elle a su qu’il lui restait si peu de temps à vivre. Jusqu’à la fin. L’hôpital avait prévenu des parents trop âgés, absents. Il a accouru par réflexe, fouillé tout l’appartement. Avec désarroi, il saisissait le fil cassé d’une vie jumelle, pris dans l’écheveau de ses propres errements.

 

Alors qu’il quittait l’hôtel, la vieille femme de l’hôtel lui a tendu un sac et les journaux qui précédent la mort de sa sœur. Elle avait dû les acheter selon un dit du père : en province, on ne peut respirer sans le quotidien local. La digue grise est déserte. Il devine qu’Anne s’est tenue, là, où l'horizon prend tout son sens. A-t-elle souffert, il ne saura jamais. Ses derniers jours se résument à quelques lignes, un fait divers : une femme, jeune encore, qui s’affale sur un banc près des flots tranquilles. Il a lu que ciel était limpide ce vendredi-là. Les rayons du soleil l’avaient peut-être réchauffée, bercée jusqu’au dernier instant.

 

Dans son étau immobile et terne de mer, de ciel et d’absence, la ville le ramène à elle. Quant aux regrets… ils accompagneraient ce regard bleu cendre qui ne le quittera plus jamais. 

 

 

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13 mars 2010

13 mars 2010 - Historique

Fabien Lespinasse est en fait un personnage qui dort dans mes cartons. Il a déjà à son actif, un été sur la Riviéra où il n'était qu'un jeune étudiant, avec liaison torride et secrets de famille. Le début d'une vocation.

Ses premiers pas professionnels seront dans le sillage d'une salsa caliente qui le feront poursuivre une ombre ondulante aux accents argentins.

Les nez rouges, où démarre une brillante carrière policière derrière le bourru et peu commode Commissaire Pappaport. C'est une des passions dévorantes du jeune homme, la lecture de manga ,qui le mettra sur la trace de ces fous de justice.

Il butera aussi sur les fumées grises d'une boîte de jazz.

Clém, par contre, est une innovation pour le défi du jour! Lui fera-t-elle oublier ses fantômes aux courbes brûlantes???

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08 octobre 2009

Traduction et autres notes

J'ai notamment traduit tugurizada par populeux bien qu'il n'existe pas de terme équivalent en français. J'aurais pu écrire ghettoïsé mais cela ne transcrit pas ce changement des villes en un quartier pauvre et construit dans l'illégalité. De plus, je trouve cela trop américain.

J'ai eu quelques soucis à rendre l'extrait suivant: "algo que en la altamente tugurizada Lima que se fue, de hoy y de Chabuca Granda, resulta ya totalmente imposible y suena más bien a insulto de extranjero indeseable" Toute suggestion est la bienvenue.

J'espère que vous ne m'en voudrez pas mais je suis bilingue et je ne traduis pas l'espagnol. Il m'est parfois difficile d'apporter certaines des nuances que je ressens par rapport à un texte.

Les sites dont j'avais envie de vous parler:

http://unanauperou.blogspot.com/

http://amoresbizarros.blogspot.com/

http://jcoaguila.blogspot.com/

Et je n'ai rien contre l'auteur de 99F (ni pour!) quoique son livre traîne dans ma bibliothèque depuis trop longtemps. Sans être lu.

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20 mai 2009

Un prêche ou une histoire

Car c’est du dedans, c’est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l’homme. Marc 7.21/23

J'avais envie d'illustrer cette phrase et la différence entre l'apparence parfois trompeuse des situations et des personnes. Que se cache-t-il sous l'apparence vertueuse de ceux qui nous entourent. Quelles sont ces mauvaises pensées qui les habitent? Cette part sombre, chacun l'ignore: la nôtre parce qu'elle nous arrive atténuée, à peine suffisante pour être dite (confessée dans l'histoire), voire même ignorée inconsciemment (l'héroïne met en scène un plan qui fait échos à ses propres fantasmes, niés), celles des autres parce que trop choquante (ordre des choses bousculée, renvoi à nos propres démons). D'où ces péchés pardonnés à la condition de rester tapis.

Le milieu est propice à la caricature; il répond aussi à une de mes interrogations assez anciennes. Que cache les jupes sages et les épais collants. Sous l'apparence lisse d'une bonne famille, que trouve-t-on? L'impact de ma découverte de l'enseignement privé sans doute m'a inspirée cette histoire leste. Au sortir de l'adolescence, ces codes vestimentaires, éducatifs, me jetaient à la figure ma non-appartenancenon-appartenance à ce groupe. Jusqu'au jour où l'on m'adressa la parole parce que... j'avais réussi mes concours et allais entrer dans une école prestigieuse. Là je vis de manière encore plus évidente que, s'ils avaient l'air lisse, il n'en était rien en réalité.

Une étude auprès de membres de la CGT RATP pour une étude psy sur le langage (sur les travaux de cet homme passionnant http://www.cratylus.orgwww.cratylus.org/people/gun-semingun-semin m'a permis de leur demander les revues qu'ils préféraient lire. Seul un a spontanément affirmé lire Playboy chaque semaine. Alzheimer précoce ou activité nocturne cachée (http://tf1.lci.fr/infos/high-techhigh-tech/0,,3466564,00-statistiques-sur-marche-dans-video-oseestatistiques-sur-marche-dans-video-osee-.html). Disons, que l'on aurait pu imaginer la même trame dans n'importe quelle portion de la population. Chez les CGTistes, les marchands de bonbons artisanaux, les nudistes, les adeptes du viagra, en campagne, en métropole...

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07 avril 2009

Dicton et métamorphose

Araignée du matin

chagrin

Araignée du soir

espoir

D'où vient ce dicton? Voilà peut-être une réponse: http://il-etait-1-fois.over-blog.org/categorie-10241735.html

Et aussi parce que la vie ne tient qu'à un fil...

arachne00 Ovide  par ses vers, suspend la pauvre Arachné au bout d'un fil de soie.

Cruelles métamorphoses.

http://www.lescheminsdhermes.org/Livre-des-Metamorphoses-Pallas-et.html

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29 mars 2009

Sur le divan

D'abord et avant tout, ce texte répond en partie au défi 53: un psy / un moment de bonheur / décrire l'endroit.

Le canapé, que cela soit celui de la version d'hier (en liberty) est imprimé style printanier. En chintz comme dans les deux illustrations, avec des pommes dans un cas, des fleurs dans l'autre. Du coup, l'action se situe forcément en Angleterre. Ah les parterres de fleurs anglais, leurs maison comme des boîtes de bonbons! Les bow windows, et les vérandas. Pour la maison des Cavendish, je me suis inspirée d'une maison d'un de mes oncles sudaméricains. Sa fille l'a dessiné, pierre, vitre et bois. Sa grand-mère me confia, elle est froide cette maison.

Le baby-sitting pour animaux, une amie l'a fait dans une famille anglaise très riche, j'ai repris cette idée comme boulot d'étudiant.

assort_delphinium_bureauLes pieds d'alouettes me rappellent mes lectures d'enfant, Alice détective où j'ai découvert cette fleur.

Pour le paiement de Mme Cavendish avec rouge sur les joues, je ne l'ai rajouté qu'après. Les époux ne devaient plusapparaître. Mais cela expliquait le retard. Pratique...

Concernant l'épisode dont le narrateur se souvient à la dernière séance, il le voit avec ses yeux d'enfant. Les adultes ont un monde à eux incompréhensible parfois. Cette marraine, ce non dit familial: qu'a-t-elle fait? Où est-elle? Prison, décédée, disparue...  Pourquoi tant de temps avant de ce rendre compte que La chambre, lieu de psychanalyse, avait de fortes similitudes avec la maison de sa marraine, qu'il lui rappelait un certain bonheur? La bougie, le canapé... (voir dans la petite comptine) Il se décide à ne rien dire à la psy parce que il est évident que cela n'est pas nécessaire qu'elle sache. Il est important que lui ait fait le travail. La femme en gris a compris que ce rv scrupuleusement suivi, cette observation des lieux n'étaient pas sans raison dans le travail du patient. un rv avec un bonheur qui s'était effacé dans le déni des autres.

Quant à la chanson de Lama, que j'écoutais enfant, je la trouve très belle mais en même temps les paroles me mettent mal à l'aise...

Et surtout, je voulais traduire ce sentiment de mal-être que l'on éprouve pour certains chez le psy, ces questions qui font boule de neige, ces réponses qui amènent d'autres questionnements.

Et si vous en avez d'autres questions...

J'aime bien l'idée de ces textes un peu étrange, comme Sans nouvelles de Gurb de Eduardo Mendoza par exemple. Et un recueil de nouvelles de Arguedas je crois... La lectrice ne s'était pas sentie à l'aise et puis avait accepté, le jeu. Inutile de dire que j'ai adoré Mulholland drive.

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21 février 2009

Les coulisses du Palais

- D'abord pourquoi?

Goût pour la tragédie, les empereurs romains.

- Un livre récemment lu: Néron, diario de un emperador (Néron - le journal d'un empereur) de Pédro Galvez avec une tentative de réhabilitation de l'empereur mal aimé:

Version officielle http://lemonderomain.free.fr/indexer/politique/neron.html

et voir dans wiki les points de vue historiques sur l'emperuer: http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9ron

- des références:

Cénaique pour Sénèque http://www.ac-versailles.fr/pedAGOGI/anti/senec/senec2.htm

Tigellin http://fr.wikipedia.org/wiki/Tigellin

Damnatio Memoriae pronocé à l'encontre de Néron http://seteblog.over-blog.com/article-25860592.html

L'Orestie avec le matricide Oreste / Electre - Clytemnestre déjà condamné dans l'antiquité. pourtant elle aussi était une sorcière! http://mythologica.fr/grec/texte/orestie.htm

et sinon le classique du polar: mobile, moyen, opportunité...

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10 février 2009

nocturne

Borée est le vent du nord dans la mythologie grecque, fils d'un Titan et de l'Aurore. Ses fils, les Boréades sont mentionnés dans divers récits:

les Argonautes :  En Thrace, le roi Phinée, possédait des dons de prophétie; mais Zeus lui avait envoyé les Harpyes, car il avait découvert certains secrets concernant la race humaine. Le dieu l'avait rendu aveugle, et les Harpyes venaient saisir les mets déposés sur sa table ou les souiller.
Le roi accueillit les Argonautes, les informa de l'avenir du voyage, puis les pria de l'aider, sachant que deux d'entre eux, ses beaux-frères ailés, Calaïs et Zétès, pourraient chasser les Harpyes.

Heraclès: il est dit que les Boréades furent les instigateurs de l'abandon du héros sur les côtes de Mysie et que ce dernier se vengea en les perçant de flèches.

http://mythologica.fr/grec/argonaute.htm

Dionysos: Coronis, une des nourrices de Dionysos qui fut enlevée par Boutès, fils de Borée et brigand notoire. Pour le punir Dionysos le frappa de folie et il se jeta la tête la première dans un puits.

Pour en savoir plus sur les divinités des vents: http://mythologica.fr/grec/vents.htm

NB: hyperboréennes veut dire plus loin que le souffle de Borée et aussi , l'adjectif boréal (qui signifie "du Nord") vient de Borée.

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